04 août 2026 - 108 vues
Alors que les prix des carburants repartent à la hausse, l'étude réalisée par la Fondation Jean-Jaurès et l'Ifop dresse un constat sans appel. Pour la première fois, elle mesure l'impact concret de la hausse des carburants sur la vie quotidienne des habitants des territoires ruraux. Travail, accès aux soins, vie sociale, loisirs… les renoncements se multiplient.
Rémi Branco, Maire de Puy-l'Évêque et expert associé à la Fondation Jean Jaurès, et Jérôme Fourquet, Directeur du département Opinion de l'Ifop, co-auteurs de l'étude, appellent à apporter des réponses à la hauteur des difficultés que vivent des millions de Français.
Pendant plusieurs mois, Rémi Branco a recueilli de nombreux témoignages d'habitants du Lot et d'autres territoires ruraux : infirmières libérales, aides à domicile, artisans, agriculteurs, salariés, enseignants, chefs d'entreprise ou encore retraités modestes. Tous racontent les mêmes difficultés face à la hausse du coût des déplacements.
Ces témoignages ont constitué le point de départ d'un travail mené avec la Fondation Jean-Jaurès et l'Ifop afin de mesurer, de manière robuste et objective, les conséquences de la hausse des carburants sur la vie quotidienne des Français vivant dans les territoires ruraux. Les témoignages recueillis depuis plusieurs mois trouvent aujourd'hui une traduction chiffrée. Les résultats de l'étude révèlent l'ampleur des renoncements auxquels sont confrontés des millions de Français.
Rémi Branco :
« Pendant des mois, des Lotois sont venus me raconter leur quotidien. Une mère qui voit moins son fils étudiant parce que le trajet coûte trop cher. Des retraités qui ne vont plus au restaurant le dimanche. Une infirmière libérale qui hésite à accepter un nouveau patient. Des artisans qui refusent désormais certains chantiers trop éloignés, des familles qui regroupent leurs courses, leurs rendez-vous médicaux et toutes leurs démarches sur une seule journée pour économiser un plein. Tous me disent la même chose : il y a des tas de choses qu'ils faisaient avant et qu'ils ne font plus aujourd'hui. Avec Jérôme Fourquet, nous avons voulu mesurer précisément l'ampleur de ces renoncements à travers une étude menée avec la Fondation Jean-Jaurès et l'Ifop. »
Les principaux enseignements de l'étude
Plus de 2 Français sur 3 estiment qu'il devient trop cher d'aller travailler. Plus de 3 Français sur 4 chez les personnes très dépendantes de leur voiture.
Près d'un actif sur 4 a déjà renoncé à une opportunité professionnelle.
Près d'un Français sur 5 a déjà reporté ou renoncé à un rendez-vous médical.
Près d’un automobiliste sur deux déclarent qu’il leu est déjà arrivé d’acheter pour moins de 30€ de carburant faute de pouvoir faire un plein plus important. Pour 15% des automobilistes, ce comportement est même devenu fréquent.
Près de 6 Français sur 10 ont le sentiment que leur vie s'est rétrécie. Près de 2 habitants sur 3 dans les territoires ruraux à habitat dispersé.
7 Français sur 10 jugent les aides proposes par l’Etat insuffisantes. Près de 3 personnes sur 4 chez les personnes très dépendantes de leur voiture.
Rémi Branco :
« Les chiffres sont désormais sur la table. Ils montrent que la hausse des carburants ne vide pas seulement le portefeuille des Français : elle les oblige à renoncer. Renoncer à un emploi, à un rendez-vous médical, à une sortie ou à une visite à leurs proches. On dirait que le gouvernement ne se rend toujours pas compte de ce que vivent des millions de Français. Il ne peut plus fermer les yeux ni se contenter de mesures ponctuelles. Il est temps de changer de braquet et d'apporter des réponses fortes et urgentes à tous ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture au quotidien. »
Face aux résultats sans appel de cette étude, Rémi Branco et la Fondation Jean-Jaurès travaillent à l'élaboration de propositions concrètes. Elles seront construites dans le même esprit que cette étude : en s'appuyant sur les réalités du terrain, sur les témoignages des habitants – notamment des Lotois – et sur l'expertise de la Fondation Jean-Jaurès.
Ces propositions seront présentées à la rentrée afin d'apporter des réponses durables aux difficultés mises en évidence par cette étude.




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