La foire aux oies 11ème édition 21 octobre à Riguepeu

10 octobre 2018 - 276 vues

Le  temps d’avant : La  foire  aux oies maigres

 

Durant   des  décennies,  Riguepeu  fut   réputée   pour    sa  foire   d’automne   dite   aux oies  maigres -  Des volaillers gaveurs  venant des  landes  ou  de la Dordogne achetaient   ces  oies  maigres   qu’ils    confiaient    à  des  gaveurs  pour  les  engraisser. La  formule d’élevage  et  de commercialisation  ayant  évolué, cette foire a  disparu il  y  a  un  quart  de  siècle jean Denis Charrié   et  ses coéquipiers de la  pétanque ont  voulu  recréer cette  foire dans  ses  moindres  détails :  ça fera plaisir  aux  vieux  et  les  enfants y  trouveront  une page d’histoire  vivante.

Selon les  anciens du village,la  foire aux oies  remonterait  à l’affaire des oies du Capitole. Riguepeu, bastide du XIIIeme siècle comptait un grand nombre de  foires  à date fixe, elles   devaient  être  très  fréquentées  puisque  on avait  bâti  une halle  importante aujourd’hui  transformée en  terrain  de basket .

Les  oies arrivaient des fermes  à  pattes 

La veille  de la  foire  on allait sur  le foirail   ombragé   préparer les  parcs  avec du   grillage  qu’on     fixait  aux  platanes    avec   des pointes.Les  fermières  se disputaient  chacune  voulant avoir   la place   où  leurs  oies    seront  bien  en vue ;Le  matin   de  la  foire , mobilisation   à  la ferme, on irait à  Riguepeu  avec  le  troupeau mais « à  pattes", les  trajets étaient de 4 à  5 km . Avant  de  libérer   les  oies,on leur attachait  autour  du  cou un ruban  de couleur pour les  reconnaître, car sur " padouen"  de  Riguepeu, les  troupeaux arrivaient de  tous les  côtés,  et se  mélangeaient,  il  s’agissait   de ne pas  se  faire  échanger une  belle bête  par une  autre maladive.  Sur le  trajet  on  trouvait  parfois  une  mare, les oies  se  baignaient  buvaient  et  on  repartait,  réglant  le regroupement  avec un  long  bambou, certains  avaient  un chien  dressé  pour  le  gardiennage  des  oies , il  ramenait  celles  qui  voulaient  prendre  la clé des champs . Après  avoir   enfermé son troupeau dans le parc,  une    éleveuse nous  confiait : «  on  dit  bête comme  une  oie , j’ai amené  mes soixante  dix  oies  sans encombre «  Le  foirail  était  sous une  chape  de bruits  effrayants ,cacardement  des  oies, bruit  d’ailes ,  sifflement  des  jars qui  au passage  tentaient  de  vous  pincer  les mollets .

  Le  marché  ne  débutait qu’à  13  heures  ( solaires ) mais  les  acheteurs  étaient  déjà  le matin  et  une  mamie  nous  raconte : "Je  me  souviens  d’un  certain  Baqué , volailler à  l’Isle Jourdain, on  l’appelait  "le  caid" car  c’était  lui  qui  avait  la main  sur  ses  collègues et  de ce  fait  sur  la  foire. IIs  déjeunaient ensemble  chez  madame  Lassalle et  organisaient  les  opérations  d’achat  de l’après  midi  supprimant   toute  concurrence .Parfois leur piège  était  déjoué par  l’arrivée d’acheteurs  landais  qui  lachaient  quelques  sous  de plus  ;Après  la  discussion sur  le prix mais   aussi  sur le  poids , la  qualité de  la  bête , sa  morphologie, les  acheteurs  affirmaient  parfois  « ce n’est  pas  une  oie à avoir du foie » ;Le  marché  conclu, le volailler  sortait  son  gros  portefeuille  et  payait  en  images   comme  ils  disaient  et  la  fermière  les glissait  au  fond de  son  tablier. 

                Si  le  marché  avait  été  bon, on  fréquentait  les « bancs « : le marchand  de  tissu  et  e  vêtements  Pomian , le  Corse qui  grillait  des  cacahuètes, le  boucher  qui  proposait  de la  tranche   de  veau ou  de la  poitrine  où  il  taillait une grande  poche  pour mettre le  farci . Cet achat  était  un  luxe, on  achetait  rarement  de  la  viande de  boucherie. Le    percepteur de Vic  tenait  une   permanence, avec  l’espoir  de  recevoir un  montant  d’impôt  un jour où  on  avait  de l’argent.  Les  hommes  finissaient  la chopine  au café  en  faisant les  bilans des  récoltes, céréales, vignes, bétail   on  évoquait  aussi les  prises de chasse et  le passage des  palombes . 

Source: JDG Pierre DUPOUY

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